Super Bond LIV

Il est important d'avoir une excellente défense dans n'importe quel match. Il suffit de demander aux 49ers de San Francisco, dont la défense s'est classée deuxième de la ligue cette année. Il est également essentiel de trouver des moyens de jouer de la défensive dans votre portefeuille. Il fut un temps où la monétisation de la pente descendante de la courbe de rendements (« roll down ») produisait exactement cela. Le « roll-down » permet aux investisseurs qui achètent et conservent leurs obligations de réaliser des gains qui vont au-delà du coupon. Dans une courbe de rendement normale (c.-à-d. avec une pente ascendante), les obligations à long terme sont escomptées en utilisant un taux plus bas à mesure que le temps avance et que ces obligations descendent la courbe de rendements. Par exemple, en supposant que la courbe des taux ne change pas, une obligation à 20 ans rapportant 4 % peut être actualisée à un taux de 3,5 % cinq ans plus tard, ce qui génère une saine plus-value pour l'investisseur en obligations à long terme. Cette composante du rendement total offre aux investisseurs une défense essentielle contre la hausse des taux, améliorant considérablement le profil risque/rendement des obligations à long terme. 

 

 

Cela semble être une bonne affaire pour ceux qui cherchent à investir dans la partie longue de la courbe. Le fait est que cet avantage n'existe que si la courbe de rendements est positivement inclinée. Et voilà le hic! Dans le contexte actuel, où les rendements sur 30 ans ne sont que de 4 points de base de plus que le 2 ans, cet avantage est pratiquement éliminé. Par exemple, en 2015, même si les taux augmentaient de 60 points de base, le fait de posséder une obligation de 20 ans ou de 10 ans aurait généré des rendements totaux très similaires sur un horizon de 5 ans, car l’obligation de 20 ans aurait été pénalisée par sa durée plus longue dans un contexte de hausse de taux, mais cette dernière aurait été compensée par un coupon plus élevé et le « roll down ». Aujourd'hui, les obligations à long terme n'ont pas l'avantage d'un coupon plus élevé ou du « roll down », donc dans un contexte de hausse des taux similaire, elles auraient un rendement bien inférieur à celui des obligations à plus court terme. C'est ce qui explique en grande partie notre sous-pondération actuelle dans cette partie de la courbe. Nous pensons qu'une défense forte gagne des championnats. Bien sûr, les Chiefs de Kansas City sont probablement en désaccord.

 

Jean-Guy Mérette

 Vice-président et gestionnaire de portefeuille
 Gestion active et stratégique revenu fixe