Les extrêmes du mois d’août

Le mois d’août a été caractérisé par des extrêmes : fluctuations boursières journalières restreintes à une fourchette serrée, volatilité intra-journalière élevée, creux historiques des taux sur  les bons du Trésor des États-Unis à 30 ans, inversion de la courbe de taux d’intérêt et volume inégalé de titres de créance portant un intérêt négatif. Tous ces éléments ont contribué à accroître le niveau d’anxiété sur les marchés financiers. 

Même si l’indice de rendement global S&P 500 a clôturé le mois en baisse de 1,58 % en dollars américains (-0,45 % en dollars canadiens), nous avons assisté à trois replis quotidiens supérieurs à 2 % durant la période. La première semaine de négociation a été marquée par des fluctuations intra-journalière supérieures à 1 %. En quelques minutes, les marchés boursiers pouvaient faire volte-face, passant d’un territoire fortement négatif à un territoire nettement positif, ou vice-versa. Tous ces facteurs ont, en conséquence, accrus le niveau de risque perçu de tout type de modèle destiné à gérer la volatilité. Le mois s’est amorcé dans une vague impression de déjà-vu au cours de laquelle les investisseurs ont été surpris par un autre tweet de Donald Trump. L’imposition de nouveaux tarifs douaniers de 10 % sur 300 G$ d’importations chinoises à compter du 1er septembre a suffi pour faire plonger les marchés. Le mois d’août a mal commencé et les investisseurs se sont retrouvés à assister à un combat de coqs entre deux des hommes les plus puissants du monde. Même si le ciel s’est un peu éclairci par la suite lorsque des rumeurs de progression dans les négociations commerciales ont fait surface, mais le beau temps n’a été que de courte durée. Avec les accusations de Trump comme quoi la Chine manipulerait sa devise et, de l’autre côté, la Chine qui rend la vie de Trump plus difficile à l’approche des élections américaines, c’est les investisseurs qui ont souffert.

 

 

Tout le bruit entourant les négociations commerciales a significativement pesé sur les marchés boursiers au cours d’un mois d’août qui s’est avéré plus volatile que les précédents tout en démontrant aucun signe de tendance continue.  Les négociateurs en actions devaient être vigilants quant aux renversements de tendance soudaines durant cette période. On était dans un environnement ponctué par de fortes baisses auxquelles succédaient des bouffées d’optimisme alimentées par des tweets portant sur la guerre commerciale ou encore sur l’assouplissement monétaire entrepris par la Réserve Fédérale des États-Unis. Malgré cette volatilité, les marchés ont essentiellement évolué dans une fourchette serrée entre le début et la fin du mois. 

 

Le graphique ci-dessous présente la volatilité implicite d’une option à parité sur l’indice S&P 500 (100% moneyness). Une telle amplitude du mouvement oscillatoire ne s’était pas vue depuis des années.

 

Source : Bloomberg

Les mêmes tendances ont été observées par nos indicateurs de volatilité intra-journalière étudiés. D’un point de vue de la modélisation, ces importants renversements de tendance ont entrainé une augmentation du risque d’erreur d’estimation des prévisions de la volatilité future. Toutefois, en général, ce genre d’environnement laisse présager un accroissement du risque à plus long terme. 

Durant tout le mois, le coût de couverture a été considéré comme « élevé » à la lumière de nos différents modèles de convexité. Les prix par unité de delta ont atteint des sommets et l’instabilité même de la volatilité rendait difficile la monétisation d’une protection contre le « gap-risk ». Cette période fut caractérisée par une forte déformation de la courbe de volatilité, commençant en situation de contango, puis s’inversant dans la première moitié du mois pour finalement s’aplanir en fin de mois. Dans ce contexte, nous n’avons acheté aucune option de vente aux fins de protection.

 

Source : Bloomberg

Le risque lié aux manchettes reste commun à toute stratégie. À notre avis, aucune méthode de gestion des risques ne convient parfaitement à des marchés qui réagissent à des tweets. Toutefois, pour un investisseur voulant optimiser son ratio rendement/risque, une couverture dynamique exploitant une cible de volatilité à court terme (intra-journalière) demeure pertinente. L’élimination des pertes extrêmes et la limitation des pertes cumulées figurent parmi les principaux avantages de ces techniques visant à maximiser les rendements à long terme en fonction du risque. 

Les biais comportementaux tels que l’excès de confiance, l’aversion aux pertes et l’effet d’ancrage ne disparaîtront pas de sitôt et les marchés boursiers finiront éventuellement par s’extirper de cette fourchette de négociation. Nous croyons fondamentalement que ces types d’anomalies subsisteront sur les marchés financiers et que les stratégies efficaces de gestion des risques peuvent les exploiter. 

Malgré l’effervescence créée par les guerres commerciales et les déchaînements sur Twitter, les principes fondamentaux de notre stratégie de gestion des risques demeurent intacts. Il est prouvé empiriquement que les périodes de volatilité élevée nuisent au rendement. Couvrir cette volatilité ne peut donc que s’avérer favorable à long terme. Puisque les tensions commerciales risquent de persister et qu’une kyrielle d’indicateurs économiques pointent dans des directions distinctes, nous anticipons que les marchés financiers demeurent volatils dans un avenir proche. Nous maintiendrons donc notre cap et continuerons de gérer nos fonds de façon systématique, même durant les périodes extrêmes.

L’équipe des stratégies d’investissement systématique

 

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