Perspectives d'investissement mondiales 2018

Perspective d'investissement mondiales 2018

 

BUREAU GLOBAL DU CHEF DES PLACEMENTS

Par Candice Bangsund, vice-présidente et gestionnaire de portefeuille, Répartition globale de l’actif, et François Bourdon, chef des placements global 

 

 

OPTIMISME PRUDENT À L’AUBE DE 2018

Les conditions sont réunies pour une correction à court terme sur les marchés boursiers

Les conditions favorables qui ont soutenu l’élan haussier des marchés boursiers demeurent en place avant le début de la nouvelle année. L’expansion économique mondiale est de mieux en mieux ancrée et toutes les grandes régions du monde y contribuent. L’économie américaine reste le principal vecteur de cette expansion, mais nous observons des taux de croissance supérieurs aux attentes au Canada, en Europe et au Japon. Qui plus est, les économies émergentes affichent à nouveau des signes de stabilisation. Par contre, l’économie du Royaume-Uni pourrait connaître des difficultés en 2018. En effet, l’impasse dans les négociations du Brexit a un effet négatif sur la confiance et les projets d’investissement, et la hausse de l’inflation, causée par l’appréciation de la livre sterling, fait fondre le pouvoir d’achat des consommateurs britanniques, qui représentent un important volet de l’économie nationale. Témoignant de la vigueur de l’économie mondiale, l’indice mondial des directeurs d’achat (PMI) a atteint un sommet en six ans. Nous croyons que cette mesure de la santé globale de l’économie plafonnera éventuellement pour ensuite redescendre plus près de sa moyenne quelque part en 2018. L’indice PMI demeurera toutefois aisément en territoire expansionniste au cours de la nouvelle année.

Toutes les grandes régions contribuent à l’expansion économique mondiale

Les conditions favorables qui ont soutenu l’élan haussier des marchés boursiers demeurent en place avant le début de la nouvelle année. L’expansion économique mondiale est de mieux en mieux ancrée et toutes les grandes régions du monde y contribuent. L’économie américaine reste le principal vecteur de cette expansion, mais nous observons des taux de croissance supérieurs aux attentes au Canada, en Europe et au Japon. Qui plus est, les économies émergentes affichent à nouveau des signes de stabilisation. Par contre, l’économie du Royaume-Uni pourrait connaître des difficultés en 2018. En effet, l’impasse dans les négociations du Brexit a un effet négatif sur la confiance et les projets d’investissement, et la hausse de l’inflation, causée par l’appréciation de la livre sterling, fait fondre le pouvoir d’achat des consommateurs britanniques, qui représentent un important volet de l’économie nationale. Témoignant de la vigueur de l’économie mondiale, l’indice mondial des directeurs d’achat (PMI) a atteint un sommet en six ans. Nous croyons que cette mesure de la santé globale de l’économie plafonnera éventuellement pour ensuite redescendre plus près de sa moyenne quelque part en 2018. L’indice PMI demeurera toutefois aisément en territoire expansionniste au cours de la nouvelle année.

Les banques centrales retireront graduellement leurs mesures de stimulation

Sans surprise, les banques centrales du monde entier ont fait état de la vigueur économique et ainsi adopté un ton plus constructif. Plus précisément, la Réserve fédérale américaine a commencé à réduire la taille de son bilan, qui s’établit désormais à 4 500 milliards de dollars, en plus de répéter qu’elle planifiait des hausses graduelles des taux d’intérêt en 2018. Dans la même veine, la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre ont indiqué que les réductions de taux opérées par précaution n’étaient plus nécessaires, tandis que la Banque centrale européenne a annoncé une diminution de ses rachats d’actif à compter de janvier. À l’opposé, la Banque du Japon s’est engagée à accroître davantage la taille de son bilan dans un avenir rapproché afin de contrer les pressions déflationnistes qui enrayent toujours la hausse des prix. Même si l’économie est suffisamment forte pour dissiper les craintes de récession, les pressions inflationnistes demeurent très faibles et nous ne décelons aucun danger imminent de conditions de surchauffe au cours des 12 prochains mois. Les banques centrales pourront donc prendre le temps nécessaire pour diminuer leurs mesures de stimulation. Par conséquent, on s’attend à ce que le contexte de liquidités à l’échelle mondiale demeure favorable.

Prévisions de rendements boursiers moins élevés en 2018

Bien que nous en soyons aux dernières étapes de l’expansion économique, nous amorçons le cycle de resserrement des banques centrales, ce qui laisse présager des rendements boursiers faibles mais positifs en 2018.

 

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT

La croissance mondiale et les bénéfices supérieurs aux attentes devraient compenser les effets de la hausse des taux d’in térêt

Étant donné que les banques centrales n’ont toujours pas mis fin à leurs assouplissements monétaires, il est possible que la reprise économique mondiale se poursuive sans interruption en 2018. Cette conjoncture réflationniste favorise encore les actions au détriment des titres à revenu fixe. La valeur des obligations ne nous apparaît actuellement pas attrayante; en revanche, la trajectoire de la croissance mondiale et des bénéfices des sociétés devrait soutenir la vigueur des marchés boursiers et compenser les hausses des taux d’intérêt prévues l’année prochaine.

REVENU FIXE : SOUS-PONDÉRATION EN 2018

Selon nous, les taux de rendement des obligations gouvernementales devraient suivre une tendance haussière (et leurs prix, une tendance baissière) dans ce contexte caractérisé par une embellie de la croissance mondiale, une accentuation des pressions inflationnistes, une normalisation coordonnée des politiques monétaires et l’adoption probable d’une politique budgétaire expansionniste aux États-Unis. Nous maintenons donc la sous-pondération des titres à revenu fixe. Au sein de cette catégorie d’actif, nous privilégions un positionnement à durée courte, ainsi que les véhicules à risque légèrement plus élevé, tels que les produits sur écart et les titres protégés contre l’inflation, qui devraient tous deux bénéficier d’un risque de récession (défaut) très faible et d’une embellie des perspectives inflationnistes.

ACTIONS : SURPONDÉRATION DES RÉGIONS CYCLIQUES ET AXÉES SUR LES MATIÈRES PREMIÈRES

La croissance des bénéfices devrait augmenter dans le sillon de l’expansion économique, favorisant ainsi les cours boursiers en 2018. Nous privilégions les régions cycliques et axées sur les matières premières (comme le Canada et les marchés émergents), et anticipons une rotation sur le marché, les secteurs plus cycliques (tels que les services financiers, l’énergie, les matériaux et les produits industriels) prenant le relai des secteurs défensifs et sensibles à l’évolution des taux d’intérêt.

 

MATIÈRES PREMIÈRES : PERSPECTIVES POSITIVES POUR LE PÉTROLE EN 2018

Pétrole : Nous demeurons optimistes à l’égard des prix pétroliers en 2018. En effet, l’expansion mondiale synchronisée devrait stimuler davantage la demande. Au chapitre de l’offre, les stocks se sont stabilisés et ont diminué à des niveaux plus normaux, les pays membres de l’OPEP ayant accepté de prolonger la réduction de production après mars 2018. Tous ces éléments devraient permettre aux marchés du brut d’afficher un meilleur équilibre au cours des 12 prochains mois.

Cuivre : Les prix du cuivre resteront soutenus par la vigueur de la croissance mondiale et la hausse connexe de la demande. La baisse des stocks et la faiblesse du billet vert devraient également contribuer à maintenir un prix plancher.

Or : À notre avis, l’or fera du surplace en raison de pressions divergentes. D’une part, le prix de l’or est sensible à la trajectoire de croissance de l’économie, à l’embellie des perspectives inflationnistes et à l’accélération du rythme de normalisation de la politique monétaire aux États-Unis. À l’opposé, l’augmentation des incertitudes géopolitiques devrait contribuer à établir un prix plancher.

DEVISES : PERSPECTIVES NÉGATIVES POUR LE DOLLAR AMÉRICAIN

Dollar américain : Au vu de la convergence des perspectives de croissance à l’échelle mondiale et de la normalisation des politiques monétaires, nous privilégions les autres devises au détriment du billet vert. En effet, l’expansion mondiale synchronisée n’augure pas bien pour le dollar américain, puisque les banques centrales amorceront le resserrement de leur politique monétaire en réponse à la vigueur de la croissance mondiale et les flux de capitaux se déplaceront vers les marchés étrangers.

Dollar canadien : Le dollar canadien devrait se stabiliser pendant que la Réserve fédérale augmente ses taux d’intérêt à plusieurs reprises en 2018. Par ailleurs, nous croyons que plusieurs éléments soutiennent son appréciation au cours des 12 prochains mois, surtout si nos attentes d’une hausse des prix du brut se concrétisent.

Euro : Nous anticipons une légère appréciation de l’euro au cours des 12 prochains mois, stimulé par la reprise économique de plus en plus autonome et une inflation en hausse. Ainsi, la Banque centrale européenne devrait continuer de resserrer sa politique monétaire très accommodante. Le repli du billet vert devrait également contribuer à sa progression.

Livre sterling : À notre avis, la livre sterling évoluera dans une fourchette serrée en 2018. La livre sterling demeure bon marché et elle bénéficiera de la faiblesse généralisée du dollar américain, mais les incertitudes économiques pourraient lui nuire, particulièrement à mesure que les conséquences négatives du Brexit deviennent claires.

 

RISQUES À SURVEILLER : PRINCIPALEMENT D’ORDRE GÉOPOLITIQUE

Augmentation du protectionnisme

La récente tendance du populisme et du protectionnisme pourrait entraîner de grands bouleversements politiques et une crise de confiance, nuisant ainsi à l’économie mondiale et aux marchés financiers. Aux États-Unis, des voix s’élèvent afin que le président Trump concrétise ses promesses faites pendant la campagne électorale avant les élections de mi-mandat. Son discours favorable au protectionnisme pourrait donc devenir réalité, surtout en raison de sa capacité à agir unilatéralement en matière de politique étrangère. En effet, tout échec des négociations de l’ALÉNA ou toute dégradation des relations avec la Chine représentent des risques importants à nos perspectives. Dans l’éventualité où des mesures protectionnistes étaient adoptées et que des tarifs étaient imposés à la Chine, au Canada et au Mexique, par exemple, des mesures de rétorsion pourraient entraîner des guerres commerciales à l’échelle mondiale.

Politique en Chine

Le congrès national du parti étant derrière nous, nous surveillerons de près la vitesse à laquelle le président chinois entend adopter les réformes économiques ainsi que leurs incidences sur les perspectives de croissance. Le président Xi Jinping a consolidé son pouvoir lors de ce congrès qui a lieu chaque cinq ans. Une attitude plus déterminée envers les réformes du secteur financier, qui viseraient à mettre fin aux excès dans le système, constitue un risque important à la croissance économique et à la stabilité financière.

Augmentation des tensions géopolitiques

Les tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord demeurent élevées, alors que l’instabilité persiste au Moyen-Orient. Ces deux éléments pourraient nuire à la confiance des consommateurs et des entreprises, plombant du coup l’économie mondiale et les marchés financiers.

Instabilité sur les marchés émergents

Les économies émergentes sont très vulnérables à une hausse accélérée des taux d’intérêt aux États-Unis et à l’appréciation connexe du billet vert. Un repli marqué des investissements étrangers directs, une augmentation des paiements de la dette libellée en dollar américain et la probabilité d’un exode de capitaux pourraient se propager dans les économies émergentes et diminuer l’appétit envers les actifs à risque, ce qui contribuerait à stimuler davantage le billet vert et à aggraver les conditions sur les marchés financiers. En outre, l’endettement déjà élevé en Chine ne cesse d’augmenter. Son économie est donc vulnérable dans cette conjoncture de ralentissement de la croissance, d’où les craintes d’un atterrissage brutal de la deuxième économie mondiale.

Politique européenne

En Europe, les partis politiques contre l’union n’ont pas été en mesure de s’imposer en France et aux Pays-Bas, mais les mouvements antieuropéens en Italie pourraient gagner du terrain, ce pays étant reconnu pour son faible soutien à l’euro. Cette éventualité plongerait la région dans un chaos politique au moment même où de grandes incertitudes planent au sujet du Brexit.