Perspectives de placement

Les marchés financiers ont connu un mois de mars tout simplement sans précédent. Ils ont été malmenés par la propagation continue du coronavirus et les conséquences désastreuses des mesures adoptées pour le contenir. Les investisseurs ont dû jongler, d’une part, avec la progression du virus et ses incidences potentielles sur la croissance mondiale, et d’autre part, avec l’efficacité des politiques monétaires et budgétaires destinées à rétablir la stabilité sur les marchés et à prévenir une crise économique plus grave. L’ampleur de la pandémie et de ses impacts sur l’économie demeure inconnue pour l’instant, mais la confiance devrait demeurer très fragile jusqu’à ce que le virus ait été contenu. 

Avril 2020

Une atmosphère de peur et de panique s’est emparée des marchés au cours de ce mois sans égal. En effet, les indices boursiers du monde entier ont chuté, les investisseurs liquidant massivement leurs positions. Les mesures décisives adoptées par les banques centrales et les gouvernements ont certes allégé les pressions, mais le regain d’appétit envers les actifs à risque à la mi-mars n’a pas résisté à l’augmentation du nombre de cas de la COVID-19 dans le monde entier. Le repli est généralisé à l’échelle mondiale, les investisseurs se ruant vers les actifs sécuritaires. L’indice S&P 500 a connu un mois tout simplement atroce et l’indice S&P/TSX a affiché la pire perte, plombé par l’effondrement du secteur de l’énergie. À l’étranger, les actions européennes et japonaises ont aussi reculé, alors que bourses des marchés émergents ont perdu près de 5 000 billions de dollars depuis le début de l’année. 

Les taux de rendement ont affiché d’importantes fluctuations en raison des craintes entourant les conséquences économiques de la crise de la COVID, les effets des politiques budgétaires sur l’offre d’obligations et les mesures des banques centrales visant à assurer la liquidité sur les marchés. Au final, les nouvelles mesures de stimulation et l’anxiété croissante des investisseurs ont tiré les taux de rendement des obligations gouvernementales vers le bas. La Réserve fédérale américaine a réduit ses taux à zéro en plus d’annoncer de nouvelles mesures destinées à injecter des liquidités illimitées dans tous les rouages du système financier. Parallèlement, la Banque centrale européenne a levé les restrictions sur les rachats d’obligations. Ailleurs, la Banque du Canada a réduit son taux de financement à un jour à trois reprises et annoncé un important programme de rachat d’actifs. Les écarts de taux se sont fortement accentués, les craintes d’une récession imminente ayant remis en question la viabilité des entreprises américaines. Dans ce contexte, les obligations de sociétés ont affiché des rendements nettement inférieurs à leurs homologues gouvernementales en mars. 

Le dollar américain a tiré parti de cet environnement empreint d’incertitudes et de la dégradation des perspectives de croissance mondiale, qui ont poussé les investisseurs anxieux à s’y réfugier. À l’opposé, le dollar canadien a perdu de la valeur en tandem avec la chute constante des prix du brut. Le yen japonais a toutefois tiré son épingle du jeu en raison de son statut de valeur refuge dans cette conjoncture financière périlleuse. 

Le pétrole a chuté à un creux de 18 ans sous l’effet d’un choc simultané au niveau de la demande et de l’offre. L’effondrement du prix du baril est attribuable à la forte baisse de la demande causée par les mesures d’isolation des gouvernements mondiaux et par l’offre abondante découlant de la guerre de prix. Entre-temps, le prix du cuivre a reculé, les craintes entourant la chute de la demande mondiale ayant nui aux métaux industriels. L’or a évolué en dents de scie au cours du mois. Au cours des premières semaines, les investisseurs s’empressaient de liquider leurs positions afin de couvrir leurs pertes, mais vers la fin-mars, ils ont recommencé à s’intéresser aux actifs refuge traditionnels. Les mesures de stimulation monétaire exceptionnelles ont aussi contribué au rebond de l’or.