Perspectives de placement

Les marchés financiers mondiaux ont terminé l’année 2018 sur une mauvaise note et la confiance des investisseurs demeure fragile. En effet, le pessimisme ambiant concernant l’état de l’économie mondiale et la probabilité d’une longue paralysie du gouvernement américain ont tempéré l’optimisme qui se dégage des discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Contrairement au calme affiché par les investisseurs et aux conditions de marché favorables observés en 2017, la volatilité est restée élevée tout au long de 2018, les événements économiques et géopolitiques ayant diminué l’appétit envers le risque. Dans ce contexte, la majorité des grandes catégories d’actif ont terminé l’année en territoire négatif.

JANVIER 2019

Les marchés boursiers mondiaux ont connu un mois de décembre tout particulièrement atroce. L’indice S&P 500 a perdu tous les gains enregistrés depuis le début de l’année, en plus de dégager son premier rendement annuel négatif depuis 2015. L’indice S&P/TSX a quant à lui chuté en tandem avec le repli marqué des prix du pétrole brut. Les marchés outremers ont également clôturé le mois en baisse. En Europe, l’anxiété des investisseurs concernant la situation politique et économique a plombé les marchés. Au Japon, les actions ont amorcé un marché baissier sous l’effet de l’appréciation du yen et des craintes entourant le commerce mondial, deux éléments qui ont pesé lourd sur les exportations du pays. Les actions des marchés émergents ont aussi traversé un mois difficile, mais elles ont tout de même surpassé leurs homologues mondiaux en raison de leurs évaluations attrayantes et du recul du dollar américain.

Sans surprise, les marchés obligataires nord-américains ont bénéficié de cette conjoncture morose. Les taux de rendement mondiaux ont reculé, alors que les inquiétudes entourant la croissance mondiale et le repli marqué des prix pétroliers ont entraîné des révisions à la baisse des perspectives d’inflation. La ruée vers les marchés obligataires a été amplifiée par la baisse des marchés boursiers. Les investisseurs ont commencé à douter du rythme de la normalisation monétaire que la Réserve fédérale (Fed) adoptera en 2019. En effet, les marchés américains croient désormais que le resserrement de la Fed est essentiellement terminé pour ce cycle. Au Canada, les marchés intègrent actuellement une probabilité de hausse des taux de seulement 20 % au premier semestre.

Sur les marchés de changes, le billet vert a été tiré vers le bas par les attentes d’une pause dans les hausses de taux, la situation politique à Washington et les attaques du président Trump à l’égard du président de la Fed, Jerome Powell, concernant les hausses opérées en 2018. À l’opposé, l’euro s’est apprécié lorsque le gouvernement populiste de l’Italie a obtenu l’autorisation du parlement pour son budget 2019 après plusieurs mois de négociations tendues. Au Japon, le yen a été avantagé par le climat d’aversion accrue au risque.

En ce qui concerne les matières premières, les prix du brut ont chuté même après que l’OPEP et ses alliés aient accepté de réduire davantage que prévu leur production en 2019. Les craintes d’une surabondance chronique de pétrole à l’échelle mondiale se sont accrues sous l’effet de la production record de pétrole de schiste et de la flambée correspondante des stocks aux États-Unis. Ayant atteint des creux historiques en novembre, les prix du Western Canadian Select ont rebondi du fait de la décision du gouvernement albertain d’imposer une réduction de la production, ce qui a eu pour effet de resserrer l’écart du pétrole lourd. Parallèlement, l’or s’est démarqué en décembre grâce à sa réputation de valeur refuge en périodes difficiles sur les marchés. Le cuivre a maintenu sa récente tendance baissière, les inquiétudes d’un ralentissement de la croissance chinoise assombrissant les perspectives de la demande.