Perspectives de placement

Les nombreuses manchettes en matière de commerce, la conjoncture géopolitique périlleuse, l’inversion de la courbe des taux et le spectre d’une récession n’ont pas inspiré la confiance des investisseurs en août. Le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine s’est aggravé et ainsi porté ombrage aux commentaires généralement accommodants des banques centrales du monde entier. Au début du mois, le président Trump a annoncé des nouveaux tarifs de 10 % sur la dernière tranche d’importations de la Chine à compter du 1er septembre, pour ensuite reculer, le 13 août, en reportant l’application de certains tarifs au mois de décembre. Puis, le 23 août, la Chine a répliqué en augmentant les tarifs à l’importation sur les biens américains en septembre et en décembre. Le président Trump a donc doublé la mise en annonçant sa volonté d’accroître davantage les tarifs sur toutes les importations chinoises. Au final, des tarifs de 15 % sur 110 milliards $ de biens chinois sont entrés en vigueur le 1er septembre, en plus des tarifs chinois sur les importations américaines, et rien ne laisse présager un dénouement dans le conflit commercial qui oppose les deux premières économies mondiales.

Septembre 2019

Les marchés boursiers mondiaux ont connu une période morose, puisque les discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont assombri les perspectives de l’économie mondiale et diminué l’appétit des investisseurs envers les actifs à risque. L’indice MSCI tous les pays a ainsi perdu 2,6 % en août. Sur le plan régional, l’indice S&P 500 a enregistré sa première perte mensuelle depuis mai (-1,8 %). Les marchés étrangers ont aussi reculé, dont les actions de l’Europe et du Japon. Sans surprise, les actions des marchés émergents ont affiché les plus importantes pertes, leur repli de 5,1 % représentant le pire mois d’août depuis 1997. À l’opposé, l’indice S&P/TSX s’est démarqué grâce à une légère progression, la hausse des prix de l’or ayant dopé le secteur des matières premières.

Les taux de rendement obligataires ont reculé partout dans le monde sous l’effet de la forte demande en valeurs refuge. Le marché des bons du Trésor américain a inscrit sa plus forte hausse depuis les creux atteints lors de la crise financière mondiale. Le taux de rendement du bon du Trésor à 30 ans a chuté à un creux historique, clôturant le mois à 1,96 % (repli de 56 p.c.), alors que son homologue à 10 ans a perdu 52 p.c., à 1,50 %. L’écart entre les bons du Trésor à 10 et 2 ans est désormais négatif (courbe inversée), ce qui a engendré les craintes d’une récession. Nous devons souligner que la tendance baissière des taux de rendement obligataires s’alimente d’elle-même, puisque les investisseurs nerveux se réfugient davantage dans les obligations, amplifiant ainsi cette tendance. 

Le dollar américain a poursuivi sur sa lancée en août, ce qui témoigne de la faiblesse observée dans les autres économies mondiales. L’euro a chuté à un creux de deux ans, plombé par les événements politiques en Italie. De plus, les résultats économiques de plus en plus moroses dans la zone euro ont relevé la probabilité de l’adoption de mesures d’assouplissement par la Banque centrale européenne. La livre sterling a aussi reculé, car un Brexit sans entente est désormais plus probable après que le Premier ministre Boris Johnson ait décidé d’ajourner les activités du Parlement cet automne (ce qui ne donnera pas le temps nécessaire à ses opposants d’empêcher un Brexit sans entente). En revanche, le yen japonais s’est apprécié grâce à l’intérêt croissant des investisseurs envers les devises refuge pendant un mois d’août plutôt mouvementé.

L’or a gagné de la valeur pour un quatrième mois consécutif. Les incertitudes commerciales et les taux d’intérêt réels négatifs ont propulsé le prix de l’or à un sommet de six ans. Le prix du cuivre a été tiré vers le bas par les effets négatifs de plus en plus apparents de la guerre commerciale sur l’économie mondiale. Les prix pétroliers ont chuté, le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine ayant assombri les perspectives de la demande et ce malgré les baisses du niveau de production opérées par l’OPEP, qui semble avoir été en mesure de réduire les stocks.