Perspectives de placement

En octobre, les investisseurs ont redoublé de prudence avant l’élection américaine. L’incapacité des dirigeants à trouver un compromis pour l’adoption d’un nouveau programme de stimulation budgétaire a anéanti les espoirs d’un soutien à court terme. De plus, la tendance inquiétante de la propagation de la COVID à l’échelle mondiale et le durcissement subséquent des restrictions ont diminué l’appétit des investisseurs envers les actifs à risque et entraîné une ruée vers les titres refuge. Parallèlement, les excellentes données de l’économie et des bénéfices dans le monde entier, qui pointent vers une reprise rapide, ainsi que les tendances fondamentales favorables ont été éclipsées par les manchettes concernant la politique américaine et la flambée des cas de coronavirus. 

NOVEMBRE 2020

Les actions mondiales se sont inscrites en recul pour un deuxième mois consécutif en octobre. Les indices S&P 500 et Nasdaq ont perdu de la valeur, plombés par les entreprises technologiques de mégacapitalisation, qui sont reparties vers le bas après une longue période haussière. L’indice TSX a emboîté le pas, reculant en tandem avec les actifs à risque. Les indices européens ont affiché leur pire chute mensuelle depuis les creux de la pandémie ce printemps, alors que la flambée des nouveaux cas de coronavirus a contraint les gouvernements à imposer de nouveau de sévères restrictions. À l’opposé, les actions des marchés émergents ont progressé sous l’effet du contrôle des autorités chinoises sur la propagation du virus et de la reprise dominante de l’activité économique en Chine, deux vecteurs qui ont favorisé l’indice MSCI Marchés émergents. 

On peut être surpris du repli des marchés obligataires pendant le mois, en dépit de l’aversion accrue envers le risque des investisseurs. Les obligations ont plutôt évolué en fonction des données économiques mondiales saines et de l’adoption probable de programmes de dépenses budgétaires audacieux en 2021, peu importe le résultat de l’élection aux États-Unis. Dans ce contexte, la pente de la courbe des taux s’est accentuée, le bon du Trésor à 10 ans inscrivant sa plus forte hausse sur un mois en 2020, soit 19 p.c., à 0,87 %. Parallèlement, les taux à court terme sont demeurés bien ancrés, les banques centrales réitérant leur engagement à maintenir des taux très bas pour une longue période de temps. Ailleurs, les écarts de crédit ont peu évolué en octobre, du fait du climat d’aversion au risque, et ont même légèrement diminué, d’où les rendements supérieurs des obligations de sociétés face à leurs homologues gouvernementaux. 

Le dollar américain a été très prisé pendant le mois, alors que les investisseurs tâchaient de se protéger des turbulences sur les marchés financiers. En revanche, l’euro a été tiré vers le bas par le nombre record de cas de coronavirus et les nouvelles mesures de confinement. La Banque centrale européenne a préparé le terrain à de nouvelles mesures de stimulation monétaire à sa rencontre de décembre, contribuant ainsi à la dépréciation de l’euro pour le mois. Le yen japonais a dominé ses homologues du G10 en octobre grâce à la ruée vers les titres refuges. Au Canada, le huard a fait du surplace malgré la baisse marquée des prix du brut. 

Les récentes tendances de la COVID ont eu pour effet de plomber le prix du pétrole, puisque les nouvelles mesures de confinement ont assombri les perspectives de la demande mondiale. En effet, le brut a perdu la majorité de ses gains cet été en raison de la mise en oeuvre de nouvelles restrictions sur l’activité économique. L’or n’a pas été en mesure de fournir une protection adéquate dans cette conjoncture périlleuse, son léger repli s’expliquant par l’appréciation du billet vert. Heureusement, le cuivre a tenu bon et dégagé un septième gain mensuel consécutif grâce à la reprise exceptionnelle de l’économie chinoise, ce qui a favorisé les métaux industriels, et aux perturbations potentielles de l’offre chez de grands producteurs mondiaux, tels que le Chili.