Perspectives de placement

Après un excellent début d’année sur les marchés, les investisseurs ont quelque peu perdu le moral et les marchés boursiers mondiaux ont décroché, en dépit des attentes d’une reprise rapide alimentée par la campagne de vaccination musclée à l’échelle mondiale et l’augmentation anticipée des dépenses budgétaires aux États-Unis. Les commentaires accommodants de la Réserve fédérale américaine et la promesse du maintien des programmes de soutien pour une période prolongée par son président, Jerome Powell, n’ont pas suffi à freiner leur chute. Les investisseurs ont ainsi marqué une pause afin de mieux comprendre les forces contraires qui s’affrontent sur les marchés, soit l’optimisme entourant la reprise économique d’une part, et les défis liés à la pandémie d’autre part. Parallèlement, l’explosion du nombre de transactions spéculatives sur des entreprises de petite capitalisation par les investisseurs particuliers a alimenté la volatilité à la fin janvier. En effet, ces transactions ont fortement nui aux détenteurs de positions vendeurs, surtout les fonds de couverture, les forçant à fermer leurs positions à la fin du mois.

FÉVRIER 2021

Les marchés boursiers mondiaux ont perdu leur élan en janvier, l’indice MSCI tous les pays reculant de 0,5 % pour la période. Au chapitre des pays, les marchés développés ont affiché les pires rendements, se laissant devancer par leurs homologues en développement. Les indices S&P 500 et MSCI (actions internationales) ont perdu 1,1 %, alors que l’indice S&P/ TSX a légèrement mieux fait, en baisse de seulement 0,6 %. Les actions des marchés émergents ont pris la direction opposée grâce à un gain de 3,0 %, les actions chinoises se démarquant avec un bond de 7,4 % en janvier.

Contrairement aux attentes, les marchés obligataires n’ont pas bénéficié du climat d’aversion au risque. En effet, ces marchés ont évolué en tandem avec la révision à la hausse des prévisions de croissance mondiale et les attentes d’un nouveau programme de stimulation budgétaire aux États-Unis. Les investisseurs ont ainsi revu leurs perspectives d’inflation, ce qui a tiré le segment à long terme vers le haut. Par contre, les taux à court terme sont restés très bas en raison de l’engagement continu des banques centrales à soutenir leur économie. Dans ce contexte, le taux de rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a augmenté de 15 p.c., à 1,07 %, alors que son homologue à 2 ans a reculé de 1 p.c., à 0,11 %. La pente de la courbe s’est donc accentuée, l’écart entre les taux à 10 et 2 ans atteignant 95 p.c., un sommet depuis la mi-2017. Au final, les marchés obligataires ont perdu de la valeur en janvier, les obligations gouvernementales affichant le pire repli.

Le dollar américain a mis fin à sa tendance baissière en janvier, les investisseurs nerveux se réfugiant dans cette devise. La vigueur sous-jacente du billet vert s’est révélée néfaste pour l’euro, le dollar canadien et le yen. La livre sterling s’est toutefois légèrement appréciée, en raison des progrès réalisés dans l’administration des vaccins et de la probabilité de moins en forte de taux d’intérêt négatifs au Royaume-Uni suite à l’entente conclue sur le Brexit. Le yuan chinois a gagné de la valeur sous l’effet du resserrement des conditions de liquidité. Le taux du marché monétaire a d’ailleurs touché son plus haut en près de six ans.

Les marchés des matières premières ont affiché des rendements mitigés. Les prix du pétrole ont été propulsés vers le haut par la baisse des stocks américains et la discipline des pays de l’OPEP et de ses alliés, deux éléments qui ont porté ombrage aux perspectives peu encourageantes de la demande à court terme. En effet, le consortium de l’OPEP estime que 99 % des réductions de production annoncées ont été mises en oeuvre. Le cuivre a tenu bon grâce à la demande élevée en Chine et aux signes pointant vers une diminution de l’offre. Enfin, l’or a terminé la période à la baisse malgré la perte de confiance des investisseurs, plombée par l’augmentation des taux de rendement des bons du Trésor et l’appréciation du dollar américain.