Perspectives de placement

La volatilité a repris de plus belle sur les marchés en octobre, alimentée par les inquiétudes entourant la conjoncture haussière des taux d’intérêt, les tensions commerciales persistantes entre les deux premières économies mondiales et le resserrement des politiques monétaires. En effet, la nervosité palpable sur les marchés s’est traduite par un exode massif des actifs à risque, les investisseurs craignant que la hausse des taux d’intérêt puisse nuire à la croissance mondiale, aux profits des sociétés et aux évaluations boursières. Ils ont aussi porté une attention particulière au fossé grandissant entre les États-Unis et la Chine en matière de commerce, à l’épreuve de force entre l’Italie et la Commission européenne au sujet du budget italien et aux négociations en cours du Brexit. Au final, les marchés boursiers mondiaux ont perdu plus de 8 billions $ depuis les sommets atteints en septembre, ce qui représente la pire perte mensuelle depuis la crise financière mondiale.

NOVEMBRE 2018

Les actions mondiales ont connu leur pire mois en six ans, l’indice mondial MSCI tous les pays reculant de plus de 8 % en octobre. Le repli des marchés boursiers est d’ailleurs généralisé, aucune région n’ayant échappé à la déroute. L’indice S&P 500 est nettement tombé sous sa moyenne mobile sur 200 jours et a du coup effacé la presque totalité de ses gains depuis le début de l’année. L’indice Nasdaq a été particulièrement affecté par ces ventes massives et a chuté en territoire de correction après que certaines sociétés technologiques de premier plan aux États-Unis aient divulgué des résultats décevants. L’indice S&P/TSX n’a pas été épargné et la tendance baissière s’est amplifiée sous l’impulsion du secteur de l’énergie, où la congestion des pipelines a tiré les prix du pétrole brut lourd à un creux de plusieurs décennies. À l’étranger, les marchés boursiers européens ont inscrit leur pire rendement mensuel depuis janvier 2006. Les actions des marchés émergents ont aussi été tirées vers le bas par la trajectoire haussière des taux d’intérêt aux États-Unis, l’accroissement des tensions commerciales et les signaux pointant vers un ralentissement de la croissance économique en Chine.

En dépit de l’aversion au risque des investisseurs, les marchés obligataires nord-américains se sont repliés en octobre. Les taux de rendement obligataires ont généralement progressé aux États-Unis au Canada, les banques centrales réitérant leur engagement envers la normalisation graduelle de leur politique monétaire. Par ailleurs, les écarts des obligations de sociétés, des obligations à rendement élevé et des obligations des marchés émergents se sont élargis sous l’effet du repli des actions mondiales, du recul des prix pétroliers et de l’aversion accrue envers le risque.

Sur les marchés de changes, le billet vert a atteint un sommet de plus d’un an et le dollar canadien a perdu de la valeur malgré le fait que la Banque centrale du Canada ait relevé son taux directeur et répété son intention de ramener les coûts d’emprunt à un niveau neutre. Dans ce contexte, la vigueur généralisée du dollar américain et la chute des prix du brut ont porté ombrage aux commentaires de la banque centrale canadienne. L’euro a reculé au cours de la période, plombé par la croissance décevante de l’économie au troisième trimestre et la confrontation entre le gouvernement populiste italien et la Commission européenne au sujet du budget 2019 de l’Italie. La livre sterling a été affectée par le peu de progrès dans les négociations du Brexit et le yuan chinois a évolué près de son creux de dix ans. En revanche, le yen japonais a fait fi de ces événements et s’est apprécié grâce à la ruée vers les titres de qualité.

En ce qui concerne les matières premières, le prix du brut a été tiré vers le bas par les incertitudes sur les marchés boursiers mondiaux et les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, deux éléments qui menacent la demande de pétrole à l’échelle mondiale, ainsi que par l’augmentation des stocks américains. À l’opposé, l’or s’est inscrit en hausse pour la première fois en sept mois, la conjoncture boursière défavorable relevant l’attrait du lingot en tant que valeur refuge. Le prix du cuivre a diminué sous l’effet des signes précurseurs d’un ralentissement de la croissance économique en Chine.