Perspectives de placement

Les investisseurs ont conservé leur insatiable appétit envers les actifs à risque en juin. Les marchés boursiers mondiaux ont poursuivi sur leur lancée, alimentés par l’optimisme entourant la réouverture progressive des grandes économies, ainsi que par le soutien exceptionnel procuré par les banques centrales et les gouvernements du monde entier. Les actions ont toutefois évolué en dents de scie pendant le mois, les investisseurs devant s’ajuster aux nombreux vents favorables et défavorables. En dépit des engagements explicites des décideurs politiques et des signaux positifs continus voulant que les pires conséquences économiques du coronavirus soient derrière nous, les marchés ont été refroidis par l’augmentation des cas de la COVID aux États-Unis et le report des plans de réouverture de certains États. 

JUILLET 2020

Le rebond prodigieux des marchés depuis leurs creux de mars a fait place à des conditions houleuses en juin. Malgré tout, les marchés boursiers mondiaux ont gagné de la valeur pour le mois. L’indice S&P 500 a évolué dans une fourchette de 250 points, s’inscrivant en hausse de seulement 1,8 % au cours de la période. À l’étranger, les actions européennes ont devancé leurs homologues américaines pour la première fois depuis septembre, grâce aux progrès réalisés par les économies européennes dans leur lutte contre le coronavirus et leur réouverture, alors que le redémarrage prévu des usines américaines a été retardée en raison de la dernière augmentation des cas. Les marchés émergents ont toutefois dominé, les mesures de stimulation exceptionnelles adoptées par les banques centrales compensant la forte progression des nouvelles infections dans certains pays en développement. L’Inde et le Brésil représentent d’ailleurs les nouveaux points chauds du coronavirus dans le monde. 

Les marchés des titres à revenu fixe ont terminé la période à la hausse. Le segment à court terme est demeuré stable en raison de la volonté affirmée des banques centrales à maintenir les taux d’intérêt très bas pour une longue période de temps, tandis que les obligations à long terme ont évolué dans une fourchette serrée. Le regain d’optimisme des investisseurs et les données économiques supérieures aux attentes n’ont pas été en mesure d’appliquer des pressions haussières sur les taux de rendement des obligations à long terme, puisque les liquidités abondantes injectées par les banques centrales ont contribué à éponger l’offre importante, freinant ainsi les taux des obligations gouvernementales. Parallèlement, les écarts des obligations de sociétés et à rendement élevé ont diminué sous l’effet de l’intervention des grandes banques centrales et surtout de la Réserve fédérale américaine, qui a pris les grands moyens en présentant de manière détaillée un programme de rachat d’obligations de sociétés pendant le mois. 

Après s’être apprécié pendant plusieurs mois, le dollar américain a été tiré vers le bas en juin par le regain d’appétit envers le risque et une demande moins forte. L’euro a atteint un sommet de trois mois, propulsé par la Banque centrale européenne, qui a augmenté davantage que prévu la taille de son plan de rachat d’urgence d’obligations, et l’Allemagne, qui a adopté des mesures de stimulation budgétaire plus importantes. Au Canada, le huard a rebondi aux niveaux en vigueur avant la crise en tandem avec la hausse marquée des prix du brut. 

L’or a franchi la barre des 1 800 $ l’once pour la première fois depuis 2011, la montée en flèche des cas de coronavirus dans certains États américains et les importantes mesures de stimulation adoptées par les banques centrales augmentant l’attrait de cette valeur ne portant pas intérêt. Le cuivre a été favorisé par les signes précurseurs d’une reprise de la demande chinoise et, du côté de l’offre, les craintes de perturbations importantes au vu de la propagation rapide du virus dans les grandes régions productrices de l’Amérique du Sud. En ce qui concerne le pétrole, son prix a bondi lorsque les producteurs à court d’argent ont cessé leur production et que les membres de l’OPEP ont convenu d’abaisser leurs limites de production. Nous avons toutefois observé des signes de reprise de la demande mondiale, compensant ainsi la grande surabondance sur le marché.