Le beurre et l'argent du beurre: le marché obligataire à sens unique

Récemment nous avons observé une curieuse tendance dans le marché obligataire où les prix des obligations ont brusquement augmenté pendant les mauvais jours des actifs risqués (actions) et pour les bons jours des actifs risqués, les obligations ne chutent pas autant que vous le penseriez. Pour le dire plus simplement, nous sommes dans une période où les investisseurs obligataires ont le beurre et l’argent du beurre.

Donc, que se passe-t-il? Dans les jours d’aversion pour le risque, le marché obligataire se comporte comme une valeur refuge, comme il le devrait dans des conditions normales. Mais il y a aussi un aspect plus long terme et spéculatif dans cette histoire, dans lequel les investisseurs se ruent sur la catégorie d’actifs quand les peurs d’une récession augmentent. Comme preuve, ne regardez pas plus loin que le prix de l’or qui vient juste d’atteindre son plus haut niveau en 6 ans, augmentant de près de 18% cette année. Nous savons que l’or n’est pas typiquement détenu comme un investissement à long-terme (il est utilisé comme couverture contre l’inflation ou une récession). Étant donné la récente inversion de la courbe des taux et les inquiétudes que la Réserve Fédérale américaine ne serait pas aussi conciliante que le marché le voudrait, c’est sans surprise que les spéculateurs sans vision à long terme se ruent sur les valeurs refuges comme l’or et les bons du trésor, cherchant à se faire de l’argent rapidement.

 

La dernière fois que nous avons eu un marché à sens unique dans les obligations était en 2014-2016, quand la Banque Centrale Européenne a poussé les taux en territoire négatif et a mis de la pression sur les obligations à travers le monde. Cependant, à l’époque, c’était une réalité qui affectait les flux monétaires mondialement. La réalité d’aujourd’hui est très différente : les ventes au détail sont impressionnantes, l’emploi continue d’atteindre des records, les salaires augmentent et l’inflation correspond à la cible. Ce ne sont pas exactement des signes d’une catastrophe économique imminente. Malgré cela le marché obligataire continue d’évaluer une prochaine récession massive. Par exemple, le taux 30 ans des États-Unis est tombé en dessous de 2% la semaine dernière pour la première fois de l’histoire, en grande partie à cause des spéculateurs susmentionnés.

C’est indéniable que les bons du trésor attirent le plus d’engouement dans le marché en ce moment, et ce à travers le monde. Nous regardons des taux historiquement bas et nous nous demandons combien de temps cela peut-il durer. Après tout, il ne faut jamais perdre de vue que, comme les taux l’ont fait, le beurre peut fondre très rapidement.

Jean-Guy Mérette

Vice-président et gestionnaire de portefeuille
Gestion active et stratégique

 

 

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