Prudence avec les BBBs

En regardant les obligations de sociétés canadiennes cotées BBB, on pourrait penser qu’elles sont étroitement liées à la direction des taux. Habituellement, des taux plus bas précèdent un ralentissement économique, car le marché obligataire s’attend à ce que les banques centrales baissent leur taux. Avec un ralentissement économique, viennent souvent aussi une chute de la bourse et un élargissement des écarts de crédit, car les investisseurs exigent un plus grand rendement dû à une probabilité de défaut qui est maintenant plus élevée.  

Cependant, ces indicateurs de récession ne sont pas toujours exacts. Ici nous montrons l’évolution du taux sur les obligations gouvernementales moyen-terme (bleu foncé) ainsi que l’évolution de l’écart de crédit entre les obligations de sociétés moyen-terme cotées BBB et celles cotées A (bleu pâle). Un élargissement des écarts de crédit s’est produit en 2015, atteignant un sommet en début 2016. Durant cette période, les taux d’intérêts sur les obligations gouvernementales ont baissé de plus de 1.25%, atteignant un nouveau creux. À ce moment-là, les taux négatifs en Europe et la chute du prix du pétrole étaient les histoires à la Une, mais le ralentissement économique ne s’est jamais matérialisé et les larges écarts de crédit sont devenus rapidement une opportunité d’achat intéressante. Les écarts se sont par la suite rétrécis de façon considérable même si les taux sur les obligations gouvernementales continuaient de baisser au courant de l’année 2016.

 

Cette fois-ci, nous commençons à voir quelques failles dans l’économie alors que les taux sur les obligations gouvernementales sont de retour près de leur creux historique.  Même si les écarts de crédit oscillent eux aussi où ils étaient en 2015, nous croyons que les chances d’un ralentissement sont plus élevées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient la dernière fois. Donc, la patience pourrait être récompensée par des écarts encore plus larges et, conséquemment, une belle opportunité d’achat. Nous pensons que c’est le temps d’être prudent avec les BBBs.

 Jean-Guy Mérette

 Vice-président et gestionnaire de portefeuille
 Gestion active et stratégique revenu fixe

 

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